Les origines
Les Six Voyages de Jean-Baptiste Tavernier
Présentation de l’oeuvre qui a inspiré le nom de la marque, Les Six Voyages de Jean-Baptiste Tavernier.
Les Six Voyages de Jean-Baptiste Tavernier est le récit autobiographique d'un marchand de pierres précieuses français du XVIIᵉ siècle, publié à Paris en 1676. Tavernier naît en 1605 dans une famille protestante de graveurs et d'imprimeurs de cartes : un univers de géographie et d'estampes qui éveille très tôt sa fascination pour les pays lointains. Attiré par les voyages dès son plus jeune âge, il a déjà parcouru l'Europe et maîtrise plusieurs langues à vingt-deux ans. En quarante ans, il accomplira six grands voyages vers l'Orient et parcourra, selon ses propres mots, 60 000 lieues — quelque 240 000 kilomètres, un record pour l'époque.
Chacun de ces voyages eut sa caractéristique propre. Entre 1632 et 1668, ses périples le menèrent à travers les actuels Chypre, Malte, la Turquie, la Syrie, l'Irak, l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde, le Sri Lanka et l'Indonésie, la plupart visités plusieurs fois. Le premier le conduit par l'Empire ottoman jusqu'en Perse, de Constantinople à Ispahan. Le deuxième (1638-1643) passe par Alep et la Perse avant de gagner l'Inde, jusqu'à Âgrâ et Golconde: ce sont ses premières visites à la cour du Grand Moghol et aux mines de diamants. Le troisième (1643-1649) est le plus lointain: il pousse jusqu'à Java et revient par le cap de Bonne-Espérance. Lors des trois derniers voyages (1651-1655, 1657-1662 et 1664-1668), il ne va pas au-delà de l'Inde. Ce sixième et dernier voyage est le plus célèbre: c'est à son retour qu'il rapporte à Louis XIV quarante-six grands diamants, dont le fameux diamant bleu, et plus de mille cent pierres plus petites.
C'est là que se mesure sa véritable révolution. À son époque, l'Inde et le royaume de Golconde étaient quasiment la seule source de diamants au monde, des siècles avant les gisements du Brésil; de Golconde proviennent les plus mythiques pierres de l'histoire: le diamant bleu de Louis XIV, le Sancy, le Régent, le Koh-i-Noor. Or Tavernier fut l'un des tout premiers Européens à atteindre ces mines lointaines et à en décrire le fonctionnement: il se vantait d'avoir ouvert aux Occidentaux le chemin de ces lieux jusque-là inaccessibles. Mais il fit bien plus que négocier: il observait, pesait, dessinait. Son livre offrit à l'Europe sa première image précise de l'origine des grandes pierres, de leur extraction, de leur taille et de leur valeur, accompagnée de planches gravées représentant les diamants les plus fameux. C'est à lui que l'on doit la description la plus précise du légendaire diamant du Grand Moghol, de 280 carats, qu'il put examiner en 1665. Chez lui, l'œil du marchand n'éteignait jamais celui de l'amoureux il parlait des pierres avec la tendresse d'un connaisseur, sensible avant tout à leur « eau », cette pureté de lumière qui fait l'âme d'un diamant.
Au fil des pages se dessine le portrait d'un homme remarquable. Tavernier était avant tout d'une curiosité insatiable, attentif aux coutumes, aux langues et aux savoir-faire de chaque contrée qu'il traversait. Chaleureux et habile dans le contact, il savait gagner la confiance aussi bien des souverains que des marchands, par-delà les différences de culture et de religion. Aventurier infatigable, il reprit la route jusqu'à un âge très avancé et mourut en voyage, vers quatre-vingt-quatre ans, il alliait à ce goût du risque une intelligence fine du commerce et une mémoire d'observateur méticuleux. Esprit profondément interculturel, il regardait l'Orient non comme un décor, mais comme un monde à comprendre et à respecter.
Car Les Six Voyages, au fond, c’est autant l'histoire de routes, de voyages que celle d'un regard: celui d'un homme qui fit de chaque départ une promesse de beauté, et de chaque rencontre un trésor. Dans la poussière des caravanes comme dans l'éclat d'une pierre, Tavernier cherchait toujours la même chose: l'émerveillement. Car les plus beaux voyages ne sont pas seulement ceux qui franchissent les mers et les montagnes: ce sont ceux, intérieurs, qui invitent à se redécouvrir, à oser l'inconnu et à aller vers l'autre. La vie elle-même est un voyage perpétuel, et c'est dans cet état d'esprit: curieux, ouvert à l'imprévu, prompt à s'émerveiller de tout et de rien que naît chacune de nos pièces. Comme les pierres que Tavernier rapportait de ses routes, chaque bijou porte en lui un peu d'ailleurs, et l'histoire d'une rencontre. C'est cet esprit de voyage, de curiosité et d’ouverture que notre atelier porte aujourd'hui dans chacune de ses créations.